Halloween : comment gérer la montagne de bonbons ?

Le 31 octobre au soir, les petits “monstres” reviennent le sac rempli à ras bord et pour bien des parents, c’est le début d’un mal de tête : faut-il tout cacher ? Tout limiter? Bonne nouvelle : il est possible de profiter de la fête tout en aidant nos enfants à développer une relation saine avec les bonbons. Voici quelques…

Le 31 octobre au soir, les petits “monstres” reviennent le sac rempli à ras bord et pour bien des parents, c’est le début d’un mal de tête : faut-il tout cacher ? Tout limiter? Bonne nouvelle : il est possible de profiter de la fête tout en aidant nos enfants à développer une relation saine avec les bonbons. Voici quelques pistes pour une meilleure gestion des bonbons.

Des bonbons, oui, mais sans drame

Premier réflexe à adopter : parler des bonbons comme d’un aliment parmi d’autres. Les nutritionnistes suggèrent d’éviter de classer les aliments comme « bons » ou « mauvais », ou de les qualifier de « cochonneries », parce que ce vocabulaire peut être culpabilisant, et que ce qui est présenté comme interdit devient souvent encore plus attrayant pour l’enfant.

Le contrôle excessif a aussi un effet pervers. Lorsqu’on cache les bonbons ou qu’on les utilise comme récompense, l’enfant risque d’en manger en excès par peur d’en manquer plus tard. À l’inverse, quand les bonbons ne sont ni interdits ni diabolisés, l’enfant apprend à s’autoréguler, ce qui contribue à une relation saine avec les aliments.

Et n’oublions pas que l’Halloween, ce n’est pas seulement du sucre ! On peut encourager les enfants à remarquer tout le reste : les décorations, les déguisements, les produits de saison. Mettre en valeur ces autres dimensions de la fête rend les bonbons moins centraux. Vider une citrouille ensemble, faire griller les graines ou préparer une soupe « de sorcière » sont autant de façons de créer des traditions familiales qui mettent en valeur les produits locaux.

Avant et pendant la récolte

Quelques gestes simples peuvent faire une grande différence. Le CHU Sainte-Justine propose de servir un repas léger avant de partir et d’opter pour des sacs de plus petit format. On peut aussi établir une règle claire avant la tournée : aucune friandise n’est mangée en chemin. Le tri se fera à la maison, à la lumière et en famille.

Le grand tri à la maison

Le tri est un moment idéal pour impliquer les enfants. Ensemble, on met de côté les bonbons à risque, puis on laisse l’enfant choisir ses préférés. Il est aussi recommandé de retirer les bonbons ouverts ou endommagés.

Le soir même, pas de panique : on peut déguster quelques bonbons avec son enfant en lui rappelant qu’il en aura encore le lendemain et les jours suivants, et qu’il n’a donc pas besoin de tout manger d’un coup.

Et les jours suivants ?

Plutôt que de laisser le sac en libre-service, on peut intégrer les bonbons à la routine. Par exemple, les offrir à la place du dessert habituel pendant les jours qui suivent l’Halloween, ou en déposer quelques-uns au centre de la table pour que tous les aliments soient présentés sur un pied d’égalité.

Certaines familles aiment donner un cadre simple et prévisible. Une nutritionniste propose que chaque enfant ait sa propre boîte à friandises, dans laquelle il choisit chaque jour entre 0 et 6 bonbons, par exemple en collation d’après-midi ou après le dîner, en évitant le soir. L’enfant garde ainsi une part de responsabilité dans ses choix.

Il en reste trop ? Pensez au partage ! Les friandises en surplus peuvent être offertes aux voisins, à une banque alimentaire ou un centre communautaire de votre région. Certaines familles font aussi appel à la « sorcière des échanges », qui remplace pendant la nuit les bonbons par un petit jouet. Une fois que votre enfant a sélectionné les bonbons à donner, prévoyez une sortie en magasin pour qu’il puisse choisir son jouet.

Attention aux allergènes

Pour les familles qui vivent avec des allergies alimentaires, l’Halloween demande une vigilance supplémentaire. Selon Santé Canada, les allergènes les plus courants dans les friandises sont les arachides, les noix, le soya, le blé, le lait et les œufs.

Un piège important : les petits formats. Allergies Québec rappelle que les confiseries vendues en format individuel (en bouchées) peuvent être exemptées de l’obligation d’afficher une liste d’ingrédients ; dans les emballages multiples, la liste figure sur le sac principal, mais pas nécessairement sur chaque petit emballage, faute d’espace. Santé Canada recommande d’éviter les friandises sans liste d’ingrédients ou portant une mention « Peut contenir » un allergène qui concerne votre enfant. Autre point à retenir : la composition d’un bonbon peut changer d’une année à l’autre, et même varier selon le format d’emballage.

Si votre enfant a un auto-injecteur d’épinéphrine, assurez-vous qu’il l’a sous la main chaque fois qu’il mange des friandises. Et si vous voulez contribuer à une fête plus inclusive, le mouvement #MaCitrouilleTurquoise, soutenu par Allergies Québec, invite à afficher une citrouille turquoise pour signaler que vous offrez aussi des gâteries non alimentaires comme des autocollants ou des crayons.

Attention aux risques d’étouffement

Chez les tout-petits, certains bonbons représentent un vrai danger. L’INSPQ précise que jusqu’à 4 ans, les bonbons durs, les pastilles, la gomme à mâcher, les arachides et les noix présentent encore un risque d’étouffement, les aliments durs, petits, ronds, lisses ou collants étant particulièrement risqués. Santé Canada conseille de retirer du sac des jeunes enfants la gomme, les arachides, les bonbons durs et les petits jouets.

La façon de manger compte aussi : les enfants de moins de deux ans sont les plus à risque, mais le danger existe à tout âge, et manger en courant, en jouant, en sautant ou en parlant l’augmente. On s’assoit donc pour déguster, sous le regard d’un adulte.

Sinon, pour du plaisir sans risque, sans sucre ajouté et culpabilité, découvrez notre recette de bonbons maison. 

Joyeuse Halloween à toutes les familles!


Sources :

  • Cuisinons en famille, « 4 conseils pour une saine gestion des bonbons d’Halloween »
  • Naître et grandir, « Les bonbons : les réponses à vos questions » et « Halloween : être raisonnable… ou pas? »
  • Clinique Altitude Nutrition, « Halloween – Comment naviguer les bonbons avec son enfant »
  • ICI (France Bleu), entrevue avec la nutritionniste Céline Da Silva
  • CHU Sainte-Justine, Promotion de la santé, fiche sur l’Halloween
  • Nutritionnistes en pédiatrie, « Halloween et allergies alimentaires »
  • Allergies Québec, « Allergies alimentaires et Halloween : comment identifier les friandises à risque », « L’Halloween en toute sécurité, même pour l’enfant allergique » et « Bonbons maison sans allergènes prioritaires »
  • Allergies alimentaires Canada, page Halloween
  • Jean Coutu, « Célébrer l’Halloween sans avoir peur… des allergies! »
  • Santé Canada, « Salubrité des aliments offerts à l’Halloween » et avis « Sécurité à l’Halloween »
  • INSPQ, Mieux vivre avec notre enfant, « Risques d’étouffement – à surveiller jusqu’à 4 ans »
  • Ville de Winnipeg, conseils de sécurité pour l’Halloween

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